Giuseppe Rossi, la fureur Florentine

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On ne l’attendait plus. Il y avait longtemps que l’on ne voyait pas à Florence un joueur de la trempe d’un Roberto Baggio ou un Alessandro Del Piero. Un joueur excitant, qui marque des buts et joue un soccer digne des plus grands, tels Messi ou Ronaldo. Après son tour du chapeau durant le derby Fiorentina- Juventus (victoire de 4-2 de la Viola), je le regardais encore à l’œuvre encore hier soir contre la Sampdoria, match dans lequel il a décroché, d’un tir précis, la toile d’araignée dans l’angle supérieur à la droite du gardien, pour son onzième but en championnat. Il est actuellement le meilleur marqueur de la Série A. Ce phénomène se nomme Giuseppe Rossi. Il sera de l’équipe Italienne cet été au Brésil et ravive l’espoir d’une cinquième coupe du Monde pour les Azzurri.

Le rêve américain :

Tous croyaientt trouver la nouvelle star du soccer italien dans un village reculé de la péninsule. Et bien non, il aura fallu parcourir plus de 7000 km pour atterrir à Teaneck, New-Jersey, dans une modeste demeure familiale, afin d’y trouver cette perle rare. Né de parents italo-américains, Giuseppe Rossi, aussi appelé affectueusement Pepito, a vite été absorbé par la passion du ballon rond, encouragé par son père Fernando, qui était entraîneur à la Cliftons High School.

Depuis ses premiers pas, Pepito a toujours été encadré dans la pratique de ce sport. Depuis son tout jeune âge son père et lui regardaitent les matchs de Serie A, entre deux entrainements avec le Clifton Stallions. Comme tout bon père de famille,  Fernando a toujours cru au talent de son garçon. En 2000, avec trente ans d’expérience comme entraîneur et connaissant les principaux défis qu’implique développer un jeune talent comme Rossi, aux États-Unis, il décide d’amener son fils pour des essais en Italie.

Ce pari fort risqué porte fruit, alors que le Parma lui offre un contrat juvénile. Pepito ne tarde alors pas à faire sa marque et, en 2005, il sera vendu, rien de moins, qu’au Manchester United, où il fera décrocher les mâchoires de plus d’un expert. Cependant, évoluer au sein de Manchester United, c’est aussi affronter une concurrence féroce et, à 18 ans, il accepte de partir en prêt à Newcastle United.

Après une année infructueuse à St-James Park, Rossi retourne à Parme, où il inscrira 9 buts en 19 matchs. À la fin de la saison 2007, le Manchester United vend le jeune pour 10 millions d’euro (14 millions canadiens) au club espagnol Villareal. Il devient alors le principal attaquant et joueur étoile du Submarino Amarillo, marquant 54 buts en 136 matches. Les journaux espagnols compareront son talent de marquer à celui de Del Piero et ses dribbles à ceux de Messi.

Le cauchemar américain 

En 2009, Giuseppe Rossi est appelé pour la première fois par l’équipe Nationale italienne pour un grand tournoi, la Coupe des Confédérations, en Afrique du Sud. Il laissera tout le monde ébahi avec ses prouesses, marquant, entre autres, deux buts importants contre les USA pour donner la victoire aux Azzuri (3-1). Le jeune américain qui à 12 ans décidait de vivre son rêve, prenant le dangereux pari  de tenter sa chance en Europe pour devenir une grande star se consacrait sur la scène internationale face à sa terre d’accueil.

Quoi de mieux pour les tabloïds américains, que ce parcours digne d’un scénario hollywoodien? Il en fut rien. Aux États-Unis, on a surtout retenu que celui qui leur a mis deux buts durant est un italo-américain qui a refusé de jouer pour l’Oncle Sam. Une attaque directe au patriotisme américain qui an fît un des joueurs les plus détestés.

Sur Twitter, les « fans » de soccer américains se font la compétition pour trouver une façon de l’insulter. Landon Donovan, surnommé Captain America, n’hésite pas à le traiter ouvertement de traître via réseaux sociaux et télévision.

Bien qu’il ne doive rien à personne, Rossi s’expliquera : « J’ai toujours pensé comme un américain, mais sur le terrain je suis italien ».  D’ailleurs le jeune italo-américain retourne souvent au New-Jersey où il retrouve sa famille et même sa copine d’origine américaine, qui vit toujours à New York.  Le jeune a profité de sa double citoyenneté et a rendu honneur à l’héritage que son père lui à laissé en jouant en Italie et en réalisant son rêve de faire partie de la Squadra Azzurra.

Retour à la case départ

Sur Google, quand on cherche «citations sur la vie», la première à sortir est celle du poète et écrivain français Fouchet, qui explique la vie comme suit : « les défaites de la vie conduisent aux grandes victoires ». Cette citation résume bien les trois dernières années de Giuseppe Rossi. En 2010 le destin frappe Rossi alors que son père, et idole incontestée, décède de façon subite à l’âge de 60 ans. Fernando Rossi avait laissé son travail pour déménager avec son fils et lui permettre de vivre son rêve footballistique.  Il était son agent, son diététiste et son psychologue. Pepito ne savait cuisiner, nettoyer, ni payer des factures, son père s’occupait d’absolument tout et son départ laissera un grand vide dans la vie du jeune footballeur.

En 2011 vint s’ajouter une autre épreuve. Lors d’un match contre le Real Madrid, Rossi sentira son genou droit le lâcher complètement. Rupture des ligaments antérieurs croisés, qui le laissera sur la touche pour plus d’un an. À son retour à l’entrainement, avec le Villareal, les ligaments du même genou lui feront encore défaut et il devra attendre encore avant de pouvoir retourner sur le terrain, lui faisant rater du même coup l’Euro 2012.

Rossi le futur Batigol

Malgré son historique de blessures, plus d’un clubs italien voulait revoir Rossi en Serie A. Lorsque le Villareal fut rélégué en deuxième division et n’eut d’autre choix que de vendre son jeune attaquant, la course au fichage était lancée. En tête de file, la Fiorentina, la Juventus et l’Inter Milan. C’est finalement La Viola qui aura su conquérir Rossi, lui promettant une équipe ambitieuse pour la saison 2013-2014 et un rôle central. Lors de sa présentation, il clamera d’un ton assuré : «La Fiorentina est la seule équipe qui s’est présentée sans faire d’histoire et sans discussions. Ils se sont présenté avec des faits».

La Fiorentina l’achètera même blessé et makgré ce risque, le président Della Valle fera confiance à ce jeune qui a toujours été travaillant, passionné et habitué à se deresser devant à l’adversité. Rossi reviendra au jeu au cours du printemps 2013 (un an et demi après sa blessure à l’entrainement) pour faire ses débuts avec la Fiore lors de la première journée de championnat italien.

On connaitra la suite. Onze buts, dont un triplé historique contre la Juventus le 20 octobre dernier, la voie est toute tracée pour Giuseppe Rossi, afin qu’il  puisse devenir un emblème du soccer italien, au même titre que les Totti, Del Piero ou Baggio. L’Italie toute entière fonde énormément d’espoirs en lui, pour aider les Azzurri à coudre une cinquième étoile sur leur maillot.

Pour les supporters florentins il est déjà le nouveau Batigol (Gabriel Omar Batistuta), le plus grand joueur de l’histoire du club, mais aussi de l’Histoire du soccer mondial. Des qualificatifs qui risquent de faire parfaitement à Rossi, au terme de sa carrière.