Transition vers l’Europe, fardeau national

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Le foot a beau être le sport le plus pratiqué par les enfants et adolescents Canadiens, leur formation, a l’image des performances l’équipe nationale masculine, laisse a désirer. Alors qu’en Europe les centres de formation reçoivent des enfants dès l’âge de quatre ou cinq ans, ans, au Canada, on se penche plutôt vers l’approche Timbit qui, à défaut de connaître autre chose, ne met de l’avant que le ‘’fairplay’’, comme philosophie. 

Dans mon Allemagne natale, peut-être l’exemple le plus aux antipodes par rapport au Canada, la formation en jeune âge d’un joueur de football est l’aspect le plus déterminant d’une carrière. Les réflexes du foot sont rapidement mis a l’épreuve seulement quelques années après la naissance, mais surtout l’aspect du sport au sens large, ainsi que la mentalité à adopter sur le terrain. Un parcours exigeant, au bout duquel seulement les meilleurs restent. La crème, qui qui aura le privilège de graduer chez le pros et de continuer dans le système national.

La bataille que se livrent les clubs européens pour attirer les meilleurs jeunes joueurs est sans pitié, alors que des adolescents qui ont atteint un certain potentiel, sont déjà les acteurs principaux de transferts multi-millionnaires. Ces clubs sont prêts à tout pour convaincre les plus jeunes que leur centre de formation est la meilleure option pour leur avenir. Il n’est pas rare que des clubs promettent maison et un emploi aux parents, si leur jeune « décide » de s’y joindre. Dans cette optique, je compare les deux extrêmes de la formation d’un joueur de foot : l’Allemagne, qui est l’un des exemples, sinon l’exemple ultime, à suivre depuis des années en la matière, versus le Canada qui a encore énormément de travail à faire pour rattraper l’élite mondiale. Cette comparaison illustre donc une idée, des pistes à suivre pour améliorer ce qui semble faire défaut depuis trop longtemps. Quoiqu’il soit difficile d’imaginer que l’association canadienne de soccer entreprenne à court-terme de telles démarches, ça donne une bonne idée du type de plan sur lequel le Canada pourrait s’inspirer.

Au Canada, le soccer est loin d’être une ‘’business’’ a l’européenne. On vante plutôt les mérites du soccer comme étant un bon sport récréatif, question  d’aider à la cohésion sociale et de faire bouger les paresseux le weekend… L’idée qu’un joueur puisse avoir assez de potentiel pour faire du foot son métier. n’est pas encore implantée, malgré qu’il ne suffit que de faire le parallèle avec le hockey pour s’apercevoir les opportunités y sont. Normal, le foot n’est pas (officiellement, du moins) le sport national.

L’équipe féminine canadienne a la main plus heureuse que son pendant masculin. Les femmes font partie du top 10 mondial, alors que les hommes sont classés au 103e rang. Phénomène qui s’explique de lui même lorsqu’on regarde la quantité de jeunes canadiennes qui jouent au foot, versus la quantité de garçons et surtout des infrastructures et des efforts qui sont consacrés pour assurer l’avenir de la sélection féminine.

Il y a aussi ce fameux ‘’entre-deux’’ inexistant au Canada. Les plus jeunes joueurs font des camps, les meilleurs rejoignent les camps d’équipe Canada mais rendu à 17, 18 ou 19 ans, la seule option est de réussir a entrer dans un club école comme celui de l’Impact, mais ces places sont limitées. D’autres passent par les universités, mais après deux ou trois ans, c’est la fin pour la grande majorité d’entre eux, car c’est souvent beaucoup trop peu, beaucoup trop tard pour rejoindre l’Europe ou même la MLS.

La solution? Faire comme l’Inde, le Qatar, la Chine ou le Japon: Implanter une ligue sérieuse et compétitive, autant en termes sportifs que financiers, au Canada (bye bye la MLS). Soyons francs, cela n’arrivera probablement jamais, mais imaginez que le Canada ait sa propre ligue à 15 équipes avec des académies, pour assurer leur avenir. De plus, cela assurerait un développement sérieux aux jeunes canadiens, pour espérer être reconnus au niveau national et international. Tout comme pour le système de formation, la création d’une telle ligue prendrait un temps énorme.

En revanche, sans avoir a regarder au-delà des frontières et des mégas-infrastructures qui découlent des pétro dollars, entre autres, une solution beaucoup plus facile est a nos portes. Il faut premièrement que des vrais camps de détection soient mis sur pied par les clubs professionnels canadiens. Être membre d’une équipe professionnelle est un privilège et ne devrait pas revenir seulement aux enfants dont les parents ont les moyens de payer les frais d’inscription. Ces mêmes clubs doivent se doter de dépisteurs au niveau national, qui parcourraient le Canada à la recherche des meilleurs joueurs du pays. Les  excellentes performances des jeunes équipes de l’impact en 2015, par exemple, pourraient servir d’argument au club montréalais pour convaincre les meilleurs jeunes canadiens de poursuivre leur apprentissage au sein de l’organisation.

Aujourd’hui, peu de jeunes joueurs nord-américains réussiraient à passer au travers d’un camp d’entrainements pro en Europe. Trop fort. Trop rapide. Je l’ai déjà entendu. Certains font cependant fi de cette réalité, comme Samuel Piette, Michael Petrasso ou Adam Straith, qui ont rejoint l’Europe à un très jeun âge, pour y grandir et se bâtir une place parmi l’élite.

Tant et aussi longtemps que le programme de formation national et de clubs ne changeront pas au Canada, il faut que les jeunes canadiens prennent la direction de l’Europe pour tenter leur chance. S’enlacer dans des contrats de club école avec des équipes MLS  ou des clubs régionaux ne vaut pas encore la peine, car les clubs sont déjà bourrés de jeunes. Combien de jeunes joueurs avec l’Impact de Montréal représentent le Canada aux Jeux Olympiques et aux Coupe du Monde, mais n’arrivent même pas à obtenir une seule minute en MLS? Pourquoi il n’y a pas plus de prêts européens comme ce fut le cas avec Zarek Valentin, par exemple? Prendre les devants de sa carrière de footballeur et tenter l’Europe sera toujours plus payant (en termes d’évolution) que de moisir sur un banc en attendant sa chance.