Dernier droit palpitant en Premier League

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Alors que par chez nous, la saison en MLS en est à ses premiers, et fort prometteurs, balbutiements,  c’est une tout autre histoire en Angleterre! Avec une dizaine de matchs à jouer en Premier League, on peut affirmer être entré dans le dernier droit de la saison et, avec l’état actuel des choses, on se prépare à une fin de campagne des plus divertissantes.

Mené par un Claudio Ranieri en plein contrôle, Leicester City trône actuellement au sommet du classement avec 60 points et, bien qu’on aie douté toute la saison de la capacité du club à se maintenir au sommet du classement, force est d’admettre que les Foxes sont maintenant très sérieusement considérés comme de potentiels champions. Avec probablement le meilleur joueur de ligue présentement, Riyad Mahrez, et Jamie Vardy, le meilleur buteur du circuit en figure de proue, cette équipe a démontré constance qu’on ne retrouve même pas chez les grands clubs, particulièrement cette année.

Les clubs mancuniens sont des exemples probants de ce manque de constance. Respectivement 4e et 6e, City et le United connaissent tous deux des saisons en dents de scie. Alors qu’en début de campagne les deux étaient de sérieux prétendants, leur déploiement au cours de la campagne a considérablement modifié le type d’analyse qu’on leur dévoue : c’est plutôt de qualification européenne dont il est question maintenant, surtout considérant la forte probabilité de voir la Premier League perdre l’une ses places en Ligue des Champions.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer les problèmes des deux clubs de Manchester. Du côté des Citizens, l’arrivée de Pep Guardiola la saison prochaine sonne le glas de l’ère Pellegrini, et l’avenir de plusieurs joueurs est fortement compromis par l’arrivée du míster Catalan. Sur le terrain, les joueurs n’ont pu aligner les performances : la défensive a été au mieux poreuse, particulièrement lorsque le capitaine Vincent Kompany était sur la touche, et l’attaque souffre d’un manque de cohésion parfaitement illustré par les performances du très distingué Yaya Touré et de David Silva, qui connaissent tous deux une saison en deçà des attentes.

Ceci dit,  il ne faut pas vendre la peau du club de sitôt. City possède les éléments pour prétendre au titre, et fort d’une victoire en finale de la Capitale One Cup contre Liverpool, les Citizens avaient l’occasion de profiter du momentum et de leur expérience pour effectuer une spectaculaire remontée et remporter le titre. La défaite de 3-0 au mains des mêmes hommes de Jurgen Klopp, à peine quelques jours plus tard, à cependant bien vite ramener les hommes de Pellegrini sur terre. Ce dernier n’a cependant pas abandonner l’idée de s’emparer du titre pour une deuxième fois, et le club sera très certainement à surveiller. La grande forme de Sergio Agüero, auteur d’un doublé dans la victoire de 4-0 sur le pauvre Aston Villa le week-end dernier, en est un fort indicateur.

Une possibilité autrement plus difficile à envisager pour les Red Devils, chez qui un changement d’entraîneur est également fortement probable à la fin de la saison. Louis Van Gaal est fortement critiqué, en Angleterre, et c’est José Mourinho que l’on considère comme son plus probable remplaçant. Oui, vous avez bien lu : on pourrait bien avoir une rivalité mancunienne chapeautée par la fameuse rivalité Pep-Mourinho l’an prochain et cette perspective a de quoi exciter les pundits anglais. Sur la pelouse, le club est décimé par les blessures, et doit régulièrement compter sur des produits de son académie pour combler les trous béants dans l’alignement, autant défensivement qu’offensivement.

C’est de la capitale anglaise que proviennent les plus grandes menaces aux espoirs de Leicester : Tottenham et Arsenal, les rivaux de North London, les talonnent de près. Les deux rivaux se sont d,ailleurs disputés un match nul de 2 à 2, qui les place aujourd’hui à respectivement 5 et 8 points des Foxes.

Le succès du club de White Hart Lane nous permet d’admirer le club qui, a mon humble avis, va remporter le championnat anglais : opinion qui a d’ailleurs été avancée par Ranieri lui-même, plus tôt cette semaine. Il suffit de jeter un coup d’oeil au XI partant de l’équipe de Mauricio Pochettino pour comprendre le danger que les Spurs représentent pour Leicester. Avec un différentiel de 29 buts et seulement 21 buts accordés en 27 rencontres cette saison (deux sommets dans la ligue), les Spurs ont remporté six de leur huit dernières parties dans la Premier League.

Il est difficile de ne pas prendre Tottenham au sérieux : avec Dele Alli et Harry Kane – possiblement les deux plus beaux espoirs du foot anglais – Christian Eriksen, Son Heung-Min, Eric Dier, Jan Vertonghen, Toby Alderweireld et Hugo Lloris, le club est jeune, solidement construit et incisif en possession de ballon, sans pour autant compromettre un jeu défensif quasi sans-fautes. Alors que dans les médias, les joueurs ne cessent de vanter l’esprit de corps du club, Pochettino consolide sa place parmi l’élite des entraîneurs de la ligue, et peut-être même de la planète-foot.

Chez les Gunners, l’histoire n’est pas aussi rose. On doute chez la monarchie médiatique anglaise de la capacité d’Arsène Wenger à sortir son club du marasme historique dans lequel il se trouve : douze saisons se sont écoulées depuis le dernier son titre et les tendances se répètent : inconstance et blessures sont les deux pires ennemis du club.

Leur défaite aux mains des Red Devils, le 28 février, alors que ces derniers envoyaient sur le terrain une équipe qui ressemblait plus à un projet qu’à un produit fini – faisant jouer des milieux de terrains en défense centrale et plusieurs jeunes joueurs issus de leur académie – a grandement fait jaser les experts, qui voient en cette défaite une synthèse des raisons qui font que le titre échappe au club depuis si longtemps : une incapacité d’offrir des performances convaincantes dans les matchs importants. La pression est éternellement forte sur les Gunners, mais c’est particulièrement probant lorsqu’ils sont devancés par leurs proches rivaux. Ils devront monter leur jeu d’un cran s’ils désirent mettre la main sur le championnat.

Bref, peu importe l’angle ou la lentille qu’on choisit pour analyser la fin de la présente campagne de la Premier League, on ne peut qu’anticiper une folle course au titre. Qu’il s’agisse de Leicester qui complète sa saison de rêve, de City qui complète la remontée, des Red Devils qui sauvent la peau de Van Gaal, de Tottenham qui remporte le titre pour la première fois depuis 1961, ou encore de Wenger qui met fin à sa disette de douze ans, ça promet!