Euro 2016: Les grands absents

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Avec la fin des championnats européens et la finale de la Ligue des Champions qui se joue ce week-end, la saison de football en Europe est pratiquement terminée; or heureusement pour les mordus de ballon rond, nous aurons droit cette année à un superbe sursis avec l’Euro qui se tiendra en sol français. Si la finale de la Ligue des Champions est la grande messe du football européen nul doute que l’Euro en est le conclave, pour utiliser une métaphore papale. Afin de bien se mettre dans l’ambiance, LeFooteur publiera dans les prochaines semaines divers articles qui dresseront le portrait de la 15e édition de la troisième compétition sportive la plus suivie dans le monde après la Coupe du Monde et les Jeux olympiques. Le premier volet de cette série portera comme son nom l’indique sur ceux qui n’y seront pas.

L’Euro étant l’une des compétitions les plus relevées du football, il n’est pas rare de voir certains pays phares du football rater la qualification pour le tournoi final, récemment l’Angleterre avait été écartée de la 13e édition (2008) ayant sombré en barrages face à la Turquie tandis qu’en 2012, les Belges avaient eux aussi échoué à obtenir leur billet pour la Pologne et l’Ukraine. La 15e édition de l’Euro ne fait pas exception à la règle, la Grèce championne en 2004 et grande habituée des grands évènements mondiaux a fait piètre figure lors du tournoi de qualification finissant dernière du groupe F derrière la modeste équipe des Îles Féroé. Pour ajouter l’insulte à l’injure, les Grecs ont été vaincus à deux reprises (1-0 et 2-1) par les braves Féringiens dont la majorité des joueurs sont des amateurs évoluant dans le championnat de l’archipel.

Pour la sélection du pays constitutif du royaume du Danemark l’exploit est de taille, elle qui ne remportent habituellement que peu de matchs, souvent contre des sélections du même acabit ou légèrement supérieures. En comparaison, la Grèce compte 10 millions d’habitants contre 50 000 pour les Îles Féroé et peut compter sur des joueurs professionnels jouant dans certains grands clubs européens comme José Holebas, Kostas Manolas, Vasílis Torosídis évoluant tous à l’AS Roma, Sokrátis qui défend les couleurs du Borussia Dortmund, Panayotis Koné qui joue à Bologne et Kostantinos Mitroglou buteur émérite du Benfica Lisbonne. Il s’agit d’un cuisant revers pour la sélection grecque qui avait pourtant réussi le meilleur résultat de son histoire en Coupe du Monde deux auparavant en atteignant les huitièmes de finale. Le seul véritable point positif de cet échec grec est le congédiement du sélectionneur Claudio Ranieri suite à la première défaite face aux Îles Féroé, qui put ainsi être nommé à la barre de Leicester City en Premier League et faire vivre au monde entier l’un des plus fabuleux contes de fées de l’histoire du sport contemporain.

Si l’absence des Grecs en est une de taille, que dire de celle des Pays-Bas. Finalistes en Afrique du Sud en 2010 et demi-finalistes au Brésil, il y a deux ans, les Oranjes se sont complètement effondrés en qualification finissant quatrièmes de leur groupe et ne seront pas présent en France au mois de juin. Les Néerlandais connurent une première moitié de calendrier qualificatif relativement ordinaire, mais suffisante dans les circonstances, remportant 3 matchs, concédant 2 défaites et un match nul.  Cependant, leurs performances en matchs amicaux où ils s’inclinèrent contre les États-Unis et le Mexique mena, en juillet 2015, à la démission, sous la pression populaire, du sélectionneur Guus Hiddink. Pour le remplacer, la Fédération Royale Néerlandaise de Football (KNVB) se tourna vers son adjoint Danny Blind, une décision qui s’avéra catastrophique. Sous la gouverne de l’ancien défenseur du Sparta Rotterdam et de l’Ajax, les Oranjes s’inclinèrent à 3 reprises contre leurs rivaux directs pour la qualification soit l’Islande, la République Tchèque et la Turquie, pour ne remporter que leur match contre l’apathique Kazakhstan.

Véritable symptôme du mal hollandais, pour reprendre un terme économique, les meilleurs joueurs de l’équipe en qualification furent encore une fois les Sneijder, Huntelaar, Van Persie et Robben. Or, cette génération dorée commence à sentir le poids du temps peser sur elle et ne parvient plus à tirer la sélection néerlandaise.  Certes certains plus jeunes comme Stefan De Vrijl, Bruno Martins Indi, Daley Blind, Memphis Depay, Jermaine Lens, Bas Dost et Leroy Fer commencent à prendre de plus en plus d’importance, mais leur contribution n’est nettement pas suffisante pour palier au ralentissement de ceux qui, à leur apogée, ont amené les Pays-Bas en finale de la Coupe du Monde. Ils auront donc un été complet pour se reposer et se remettre d’aplomb pour les qualifications de Coupe du Monde.

Au niveau des joueurs, bien que les sélections ne soient pas toutes divulguées à l’instant, on retrouve quelques absents de marque. Karim Benzema, nul besoin de s’étaler trop longuement sur ce dossier, Mahmadou Sakho, suspendu pour dopage, Hatem Ben Arfa, Alexandre Lacazette, Samuel Umtiti et Morgan Schneiderlin n’ont tous pas été appelés pour défendre le drapeau tricolore.

Sur la rive opposée de la Manche, Michail Antonio, Theo Walcott, Mark Noble, Andy Carroll et Jermaine Defoe, malgré une saison de 15 buts qui a sauvé Sunderland de la relégation, ne débarqueront pas en France.

Au-delà des Alpes, le fantasque Mario Balotelli n’a pas été convoqué par Antonio Conte tout comme Sebastian Giovinco et Marco Veratti qui est blessé. Le légendaire Andrea Pirlo n’y sera pas, il était déjà sorti de sa retraite internationale en 2015 pour pallier une pluie de blessures chez les Azzuris, mais tout indique qu’il restera avec le New York City FC cet été.

De leur côté, Diego Costa et Santi Cazorla pourront profiter de leurs vacances, Vincente Del Bosque ne les ayant pas retenus pour aider l’Espagne à défendre son titre de double championne.

Chez les Allemands, Ilkay Gundogan, Marcel Schmelzer, Eric Durm, Lars Bender et Kevin Trapp ont tous été victimes du couperet, la Mannschaft devra se passer de son buteur émérite Miroslav Klose qui a pris sa retraite internationale après 137 sélections et 71 réalisations.

En Lusitanie, Fabio Coentrao et Bernardo Silva manqueront à l’appel pour cause de graves blessures, alors que Tiago, Danny et Silvestre Varela, buteur in extremis contre les États-Unis à la Coupe du Monde, n’ont tous pas été retenus par Fernando Santos. Certains auraient souhaité voir l’attaquant Hugo Vieira, auteur d’une superbe saison avec l’Étoile Rouge de Belgrade, être appelé, lui qui émut les partisans portugais en dédiant son triomphe du championnat de Serbie à sa conjointe décédée d’un cancer en 2015.

Ultimement, comme nous le savons tous Laurent Ciman, meilleur défenseur de la MLS en 2015, a été convoqué en catastrophe et à la dernière minute par un Marc Wilmots désespéré, et pourrait être avec les Diables Rouges en France, s’il connait de bons matchs préparatoires.