La saison anglaise 2015-16, 2e partie

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Mai 2015. Chelsea est champion de la Premier League. Leicester City vient d’éviter la relégation grâce à un réveil tardif. Douze mois plus tard, le contraste est frappant. Leicester est champion avec 10 points d’avance sur Arsenal, son plus proche poursuivant. De son côté Chelsea, champion défait, finit au 10e rang. Cette saison qui se termine a été exceptionnelle à tous les points de vue.

Il y a eu de féroces luttes, autant au haut qu’au bas du classement. Il y a eu des surprises et des déceptions. Il n’y a pas à dire, cette année nous avons été choyés. Nous n’avons pas eu droit à la saison typique de EPL, et c’est tant mieux!

Pour faire le bilan de cette saison folle, Mathias Boutin et Ludovick Martin se pencheront, lors des prochains jours, sur dix points qui ont retenu leur attention au cours des douze derniers mois. Voici la deuxième partie de ce dossier, où l’on décortique la saison de deux grands en rouge:

3 – La saison grise de Manchester United, par Ludovick Martin

Qu’est-ce qu’on est loin de la dernière saison de Sir Alex Fergusson. Pas que Man U soit si mauvais que ça, mais le jeu des Red Devils est généralement quelconque. Autant on peut voir le verre à moitié plein, autant on peut le voir à moitié vide. Mais une chose est sûre, le verre est à moitié, et pour Manchester United, c’est insuffisant.

Il y a bien quelques bons coups à souligner pour la troupe de Louis Van Gaal en 2015-16, mais il y a autant de négatif. D’abord au niveau des transferts, on compte une belle réussite en Anthony Martial, mais aussi de moins bons coups tels Matteo Darmian, Bastian Schweinsteiger, Memphis Depay et Morgan Schneiderlin. Si on vise le sommet, il faut faire mieux.

De la même manière, il faut mettre en évidence le bon travail des jeunes joueurs de Van Gaal. En plus d’avoir eu la main heureuse avec Martial, Luke Shaw, Marcus Radford, et dans une certaine mesure, Jesse Lindgard, ont montré de belles choses. En contrepartie, certains vétérans n’ont pas eu autant de succès. Wayne Rooney, accablé par les blessures, a eu une saison correcte, sans plus. Aussi, on est en droit de s’attendre à plus de Juan Mata. Puis Schweinsteiger, Michael carrick et Ashley Young ont tous eu des saisons à oublier. Encore une fois, si tu vises le sommet, il faut faire mieux.

Tout ça se reflète au classement. Les Red Devils finissent 5e avec 66 points. C’est un résultat décent, mais sans plus. Ils ont rarement battu les leaders du championnat. Puis de la fin novembre jusqu’à la période des fêtes, ils ont connu une période désastreuse, récoltant 3 points sur une possibilité de 18. Tout ça avec des défaites consécutives contre Bournemouth, Norwich et Stoke.

Dans cette saison où tous les ténors ont trébuché, Man U a suivi la tendance. Van Gaal a vu son équipe se battre elle-même. Il doit porter une bonne part du blâme. Cette saison mi-figue, mi-raisin, est le reflet de sa performance à lui, et cela a fini par lui coûter son poste. Est-ce que le Special One saura enfin redonner aux red Devils leur lustre d’antan?

4 – Le club de Klopp, par Mathias Boutin

Quart de finale de l’Europa, match retour. Liverpool, après avoir tiré de l’arrière 3-1 contre l’excellent Dortmund, est revenu au score et est maintenant à niveau avec le club allemand. Mais l’avantage des buts à domicile joue contre le club, et un but est nécessaire pour que le légendaire club anglais puisse accéder à la phase suivante du tournoi européen. À la 91e minute, à trois minutes de l’élimination, la détermination des Scousers finit par payer. Un centre de James Milner, une tête de Dejan Lovren. Anfield explose. Sur les lignes de côté, l’homme qui se veut l’incarnation même de cette énergie célèbre le passage de son club en demi-finale.

Outre la victoire contre Dortmund, comment oublier le derby offensif contre Norwich ou la convaincante victoire de 3-0 contre le Villareal il y a quelques semaines pour amener le club en finale de la Ligue Europa ?

Malheureusement, le rêve ne c’est pas concrétisé. Liverpool a perdu la finale de la Europa League. Mais ça ne change rien. Jürgen Klopp est la nouvelle image de Liverpool, il n’y a aucun doute là-dessus. Son énergie contagieuse a enflammé Anfield et a redonné à une équipe qui piétinait sous Brandon Rodgers l’allure du grand club qu’il fut un jour. Pas que tactiquement, ou techniquement, le club soit plus fort. Mais à chaque fois que les Reds mettent le pied sur le terrain, c’est empli d’une énergie et d’une ambition nouvelle.

Liverpool n’a subi la défaite qu’à 11 reprises depuis l’arrivée de l’Allemand, qui a dirigé 51 matchs cette saison. L’impact de l’entraîneur s’est fait sentir à la grandeur du terrain, depuis les performances convaincantes de Mamadouh Sakho en défense, le développement convaincant des jeunes Emre Can, Jordan Ibe et Divock Origi ainsi que le retour en force de Daniel Sturridge en fin de campagne. Le fameux Geggenpress de Klopp, appliqué par des joueurs infusés de cette soif de la victoire, produit des résultats qui plaisent non seulement aux partisans du club, mais aussi aux admirateurs de foot en général.

Il sera aussi intéressant de suivre les activités du club cet été durant le marché des transferts. Klopp, qui s’est vu léguer l’effectif mis en place par son prédécesseur, sera certainement à l’affût d’acquisitions potentielles, lui qui cherche habituellement des joueurs qui cadrent parfaitement dans son système. Des changements à prévoir, des matchs excitants, une équipe qui promet d’être compétitive. Que demander de plus pour la saison prochaine ?