La saison anglaise 2015-16, 3e partie

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Mai 2015. Chelsea est champion de la Premier League. Leicester City vient d’éviter la relégation grâce à un réveil tardif. Douze mois plus tard, le contraste est frappant. Leicester est champion avec 10 points d’avance sur Arsenal, son plus proche poursuivant. De son côté Chelsea, champion défait, finit au 10e rang. Cette saison qui se termine a été exceptionnelle à tous les points de vue.

Il y a eu de féroces luttes, autant au haut qu’au bas du classement. Il y a eu des surprises et des déceptions. Il n’y a pas à dire, cette année nous avons été choyés. Nous n’avons pas eu droit à la saison typique de EPL, et c’est tant mieux!

Pour faire le bilan de cette saison folle, Mathias Boutin et Ludovick Martin se pencheront, lors des prochains jours, sur dix points qui ont retenu leur attention au cours des douze derniers mois. Voici la troisième partie de ce dossier, où l’on se promène en Europe et de la chute d’un géant :

5 -La EPL sur le front européen, par Mathias Boutin

Le débat sur la prééminence de la Premier League en Europe est relativement clos : je ne crois pas trop prendre de risque en affirmant que les Espagnols remportent la palme haut la main dans ce domaine. Mais force est d’admettre que cette saison a été différente pour les équipes anglaises sur la scène européenne. Non pas qu’elles ont tout cassé sur leur passage, mais on doit avouer qu’on y a cru, mercredi dernier, alors que Liverpool a ouvert la marque en finale de la ligue Europa, avant de s’écrouler en 2e demie pour finalement s’incliner 3-1 contre Séville, qui remporte le trophée pour une troisième année consécutive.

J’affirmais en début de campagne que cette saison était importante pour la Premier League (http://lefooteur.com/2015/09/une-annee-charniere-pour-la-premier-league-en-uefa/), qui devait performer en tournoi européen sans quoi elle risquait de perdre une de ses quatre places attitrées en UEFA aux mains des Italiens. Sans vouloir vanter les mérites journalistiques de l’équipe éditoriale du Footeur, il semblerait que Manuel Pelligrini et Jürgen Klopp soient des lecteurs assidus du blogue.

Après les éliminations de Manchester United, Chelsea et Arsenal, tous tombés avant les quarts de finale, il tombait sur les épaules des Citizens d’éviter que la PL devienne la risée du reste des championnats d’Europe : après tout, il est vrai que malgré les investissements massifs (astronomiques ?) des grands clubs anglais, une seule équipe du circuit est parvenue à mettre la main sur un trophée en Europe depuis la saison 2008-2009. Vous aurez deviné que je parle des Blues de notre très estimé Didier, qui ont vaincu le Bayern dans un des matchs les plus divertissants de la dernière décennie.

Après la phase de groupe, les hommes de Manuel Pelligrini ont pratiquement rampé jusqu’en demi-finale avant d’être solidement expulsés du tournoi par Ronaldo et le Real. On ne peut affirmer avoir assisté à des démonstrations convaincantes de leur part, devant se fier un peu trop à des performances ordinaires de leurs adversaires pour monter les échelons.

Pour assister à ce genre de performances, il fallait évidemment garder les deux yeux bien rivés sur l’excentrique Jürgen Klopp, qui a fouetté les Reds jusqu’en finale de l’Europa. Impossible d’oublier la victoire incroyable du club contre Dortmund en quart de finale, qui a métaphoriquement eu l’effet d’une bouteille de nitro sur le moral des joueurs et des supporters du club. Il aura fallu une performance incroyable d’Alberto Moreno, qui a disputé son meilleur match en carrière pour Séville, afin éteindre le feu au derrière de l’équipe.

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Au final, ç’aura été une autre année infructueuse pour la PL en Europe. C’est à se demander si Leicester, après avoir conquis la ligue et les cœurs des partisans du monde entier, pourra finalement s’emparer du trophée européen l’an prochain, eux qui ont dominé l’Angleterre cette année. C’est rêver certes, mais même à 5000/1, ça ne serait pas un mauvais investissement que de mettre un p’tit deux sur Leicester.

6 – L’effondrement de Chelsea, par Ludovick Martin

Catastrophique, désastreux, calamiteux… Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire la descente aux enfers des champions de l’an passé. On parle de neuf rangs en moins. De 12 victoires en moins. De 37 points en moins. C’est pitoyable.

En 2013-14, on faisait grand cas de l’effondrement de Manchester United, mais Chelsea a fait bien pire. Les Red Devils n’avaient que 28% de leurs points contre 42% pour Chelsea. Mais surtout pour Manchester United il y avait une explication facile, le départ de Sir Alex Ferguson. Pour Chelsea c’est moins clair.

Dès le départ les choses se sont gâtées. La présaison a été bâclée, trop courte, et trop de voyagement. Ensuite la saison des transferts a vu le club perdre deux de ses leaders en Didier Drogba et Petr Cech. Du côté des arrivées ce ne fut guère plus reluisant. Radamael Falcao arrivé en prêt, et Pedro acheté au Barca, n’ont pas eu l’impact attendu d’eux.

Dès le début de la saison, les choses ont empiré. Au premier match Jose Mourinho a pourri l’atmosphère en s’en prenant verbalement au physio et au docteur du club. Ces deux employés étaient à chaque jour en relation directe avec les joueurs. Leur renvoi sans raison valable a envenimé la relation de l’entraîneur avec l’équipe.

Mais attention, il ne faut pas croire que toute la faute revient à Mourinho non plus. Plusieurs cadres de l’équipe ont eu des saisons exécrables. La paire John Terry-Gary Cahill en défense centrale a montré son âge. Derrière eux, Thibault Courtois n’avait rien du gardien dominant qu’il était à l’Atletico Madrid. Puis devant, Diego Costa s’est plus fait remarquer pour ses frasques que pour ses buts. Et que dire d’Eden Hazard, ou de Cesc Fabregas? L’arrivée de Guus Hiddink en remplacement de Mourihno a réussi à freiner la descente, mais on est tout de même loin de ce à quoi on s’attendait au départ.

L’an prochain c’est l’italien Antonio Conte qui prendra les rênes de l’équipe. Mais pour moi ce n’est pas lui la clé du redressement de Chelsea. Celui qui tient le volant c’est Roman Abrahamovitch. Le proprio a sa part de blâme dans la saison qui vient de se terminer, mais saura-t-il donner les outils à Conte pour redresser la barque? Est-il seulement encore intéressé par son jouet? Seul l’avenir nous le dira.