La saison anglaise 2015-16, 4e partie

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Mai 2015. Chelsea est champion de la Premier League. Leicester City vient d’éviter la relégation grâce à un réveil tardif. Douze mois plus tard, le contraste est frappant. Leicester est champion avec 10 points d’avance sur Arsenal, son plus proche poursuivant. De son côté Chelsea, champion défait, finit au 10e rang. Cette saison qui se termine a été exceptionnelle à tous les points de vue.

Il y a eu de féroces luttes, autant au haut qu’au bas du classement. Il y a eu des surprises et des déceptions. Il n’y a pas à dire, cette année nous avons été choyés. Nous n’avons pas eu droit à la saison typique de EPL, et c’est tant mieux!

Pour faire le bilan de cette saison folle, Mathias Boutin et Ludovick Martin se pencheront, lors des prochains jours, sur dix points qui ont retenu leur attention au cours des douze derniers mois. Voici la troisième partie de ce dossier, où l’on parle de deux clubs qui n’ont pas été à la hauteur des attentes :

7 – L’incompréhensible saison d’Everton, par Ludovick Martin

L’incompréhensible saison d’Everton

Y’a des matchs comme ça ou rien ne fonctionne. C’est arrivé à Everton le 20 avril dernier sur le terrain de Liverpool. Les chiffres parlent d’eux même. 22 tirs pour Liverpool, dont 11 cadrés, contre 2 pour Everton, dont aucun de cadré. 9 corners pour Liverpool contre 2 pour Everton. Évidemment le résultat final allait dans le même sens. 4-0 pour Liverpool.

Toute la saison des Toffees n’a pas été aussi humiliante, mais ce match fut la cerise sur le sundea pour les partisans d’Everton. La plus grosse déception d’une saison de déception. C’est surprenant que Roberto Martinez n’ait pas été limogé après cette cuisante défaite.

Cette saison pour Everton c’est celle du surplace. Les Toffees ont fini 11e, au même rang que la saison précédente. Leur nombre de points, 47, est aussi le même que la saison précédente. Le problème c’est que les attentes et l’ambition étaient bien plus élevées.

Sur papier le club compte sur plusieurs joueurs de talents. On y retrouve un beau mélange de vétérans aguerris, tel Phil Jagielka, et de jeunes performants tels Romelo Lukaku. Mais la sauce n’a pas pris. À domicile surtout, ça a été très difficile.

La fiche du club le prouve bien. Sur toute la saison, Everton a récolté 23 points dans leur stade de Goodison Park, contre 24 points à l’extérieur. Ce genre de saison est plutôt rare. Pire encore, quand le club est à la maison il n’a récolté que 3 jeux blancs, contre 7 à l’extérieur. Finalement quand Everton n’est pas en avance à la mi-temps, il ne récolte que 8 points en 13 matchs à la maison, contre 13 points sur 14 matchs à l’étranger. C’est le monde à l’envers.

Roberto Martinez parti, la tâche ne sera pas facile pour le prochain entraîneur des Toffees. Il devra renverser la tendance. Il devra s’assurer que sa troupe soit plus constante, que sa défense soit plus étanche et que ses joueurs soient plus combatifs à la maison. À cela il faudra aussi ajouter un travail de recrutement. Il est fort probable que certains des jeunes du club aillent jouer ailleurs. Lukaku et John Stone attirent particulièrement l’attention. C’est tout un défi qui attend Everton la saison prochaine.

8 – Bye-Bye, Newcastle, par Mathias Boutin

Quand Rafa Bénitez a été sélectionné comme le nouvel entraineur de Newcastle United, on a vu s’emballer le corps médiatique, qui voyait en l’Espagnol le possible rédempteur du club. Je ne fis pas exception, embarquant dans le train de l’espoir. Pas que les chances du club venaient d’augmenter sensiblement, mais il me peinait d’imaginer une équipe aussi importante que les Magpies être relégués en deuxième division. D’excitation à résignation, d’espoir à déception, sans bien évidemment oublier la surprise du dernier match de la campagne, dans lequel Newcastle a enterré

Tottenham en 3e place avec une convaincante victoire de 5-1, c’est dans le Goliath des émotions que j’avais mis le pied, pas dans un train ordinaire. Au final, vous l’aurez deviné, Rafa aura tout tenté pour garder le club en PL, allant chercher des performances impressionnantes chez plusieurs de ses joueurs. Il aura même permis à Andros Townsend, acquis en janvier et qui a connu une fin de saison incroyable, de se tailler une place dans la présélection anglaise pour l’Euro. Trop peu, trop tard, cependant. C’est Sunderland qui est parvenu à éviter les rochers, alors que le navire de Newcastle est allé s’effilocher contre les rochers de la relégation : les Magpies ont coulé en deuxième division. La pilule est dure à avaler pour les partisans du club, surtout lorsque l’on se rappelle que Sunderland est leur plus grand rival.

La relégation ne veut pas simplement dire que l’équipe est hors de la PL : c’est une catastrophe économique en soi, l’équipe n’ayant pas inclus de clause de relégation dans la plupart des contrats qu’ils ont octroyés aux joueurs. Privé de l’argent du lucratif contrat télévisuel de la PL, attendez-vous donc à voir l’équipe liquider plusieurs joueurs cet été, notamment ceux qui ont exhibé un certain talent cette saison, à savoir Wijnaldum, Sissoko, Townsend et possiblement Mitrovic. Mais la plus grande perte pourrait sans contredit être celle de Rafa Bénitez, qui avait agrafé à son contrat l’option de quitter la barque advenant la relégation du club. On pourrait donc s’attendre à ce que celui qui a déjà dirigé des clubs aussi prestigieux que le Réal Madrid et Liverpool en profite pour tirer sa révérence en quête d’un meilleur avenir, mais des rumeurs assez plausibles ont surgi récemment dans certains journaux anglais.

Le support qu’il a reçu de la part de la partisanerie du club, et le cri du cœur de ces derniers le suppliant de demeurer à Newcastle, seraient parvenus à le faire considérer la possibilité de demeurer à la tête du club. Pourrait-on sérieusement voir Rafa diriger un club du Championnat l’an prochain ? Fiez-vous sur moi : les chances sont bonnes. Je m’explique.
Bénitez veut diriger un club anglais, il a été très clair sur ce point. Et le fait qu’il ait choisi Newcastle alors que le club peinait à maintenir sa tête au-dessus de l’eau prouve qu’il cherchait plus qu’un simple club anglais; il voulait un projet. Non seulement ça, mais les dernières semaines ont prouvé que le club aime Rafa, et que l’amour est réciproque entre les deux.

Avec le nouvel investisseur d’Aston Villa, qui semble on ne peut plus ambitieux, la présence confirmée de Rafa Bénitez et la carotte d’or du contrat télé pendant au bout du nez des clubs du Championship, attendez-vous à une féroce compétition en 2016-2017.