À l’Impact, les jeunes pousses… poussent !

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Photo : Académie IMFC

Alors que le mercato de l’équipe professionnelle montréalaise s’active avec la venue de joueurs d’horizons lointains, le club poursuit patiemment son travail de formation. Les plus hautes sphères du club assurent que ce travail paiera d’ici cinq ans. Le tournoi U14 regroupant Montréal ,DC, Chicago et Bologne, organisé début juillet, a été l’occasion de faire le point sur cet aspect.

A priori, rien ne semble différencier le tournoi de la Caserne Letourneux à ceux que les habitués des tournois estivaux ont l’habitude de côtoyer. Même buvette, même musique entraînante entre les matchs, mêmes parents, mêmes familles, même ambiance. Même le président Joey Saputo a délaissé ses habituels costumes pour opter pour une paire de runnings, un jean usé et un vêtement de pluie.

Évidemment, le lieu, le centre flambant neuf de l’Impact de Montréal, et les trois drapeaux, canadien, américain et italien, qui surplombent les filets de protection derrière les buts laissent entrevoir le caractère particulier de ce tournoi U14. À l’initiative de l’Impact de Montréal, DC United, Chicago Fire et Bologna ont engagé leurs équipes pour ce tournoi international.

Le niveau de jeu est bon, très bon même. Volonté de conservation de la balle, beaucoup de rythme, respect des dispositifs tactiques, quelques ouvertures « à la Paul Scholes » malgré le jeune âge des participants, et l’impression d’entrevoir – déjà – les caractéristiques de chaque joueur. S’il est encore trop tôt pour déceler ceux qui parviendront à fouler les pelouses de la MLS ou de l’Europe, les dispositions techniques et la vision de jeu de certains joueurs présents sautent aux yeux. Elles seront indispensables pour percer, mais n’augurent encore en rien d’une carrière chez les pros : « Les 3 joueurs qui sont en série A avec Bologne issus de l’Académie étaient de bons joueurs à 15 ans, mais pas forcement les meilleurs. Ils sont cependant avec les pros 4 ans plus tard. C’est très difficile à 14-15 ans de prévoir, sauf les phénomènes, mais cela n’existe quasiment pas » explique le directeur de l’Académie de l’Impact Philippe Eulaffroy. D’autres critères viendront déterminer cette accession, comme le développement physique, une progression rapide, une bonne dernière saison de formation, et un brin de chance.

C’est vrai, au niveau des résultats, l’Impact de Montréal n’a pas brillé sur ce tournoi. Les jeunes pousses ne sont pas parvenues à se hisser en finale et doivent se contenter du match pour la troisième place face à Chicago. La faute à une différence de buts défavorables qui les a écartés de la lutte pour la victoire aux dépens de DC. À l’issue de la séance des tirs au but, les jeunes Québécois laisseront la médaille de bronze à leurs invités de Chicago. Bologne, qui a survolé le tournoi a néanmoins laissé filer la victoire lors de la séance de penaltys face à DC.

« Les coaches de Bologne ont été impressionnés par l’animation collective des jeunes de l’Impact. En termes de résultats, c’est évident que l’équipe de Bologne est très efficace et c’est définitivement quelque chose qu’on doit apprendre d’eux. Ils ont une équipe extrêmement bien en place sur le plan tactique, vraiment « à l’italienne » , et sont très calmes face au but  » souligne Philippe Eulaffroy.

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Photo : Académie IMFC

Beaucoup d’appelés, peu d’élus

L’important est donc ailleurs : les jeunes affrontent des concurrents d’un bon niveau, intègrent les rudiments du haut niveau et les exigences que requièrent une telle opposition. Une véritable mise en perspective vers un avenir qu’ils espèrent au plus haut. Nombreux sont ceux qui devront néanmoins déchanter : « Sur les 16 joueurs de 2002, tu en auras peut-être trois chez les pros » détaille le directeur de l’Académie. La réalité de la formation au sport professionnel.

Malgré la faiblesse des chances, les jeunes y croient et font tous les sacrifices pour y parvenir. « Les jeunes vont à l’école le matin, s’entraînent tous les jours et il y a généralement match le samedi ou le dimanche. Évidemment, on gère leur charge d’entraînement, car c’est beaucoup pour certains. Ils n’ont qu’un mois de répits par année » nous apprend Serge Dinkota, leur entraîneur.

Au-delà de l’expérience acquise par les jeunes, Philippe Eulaffroy s’est montré extrêmement satisfait par « la véritable volonté des coachs des différents clubs d’échanger et de s’informer. Les coachs ont pu s’inspirer de ce qui se fait ailleurs, et éventuellement repréciser les axes de travail et les priorités ».

Si tout n’est donc pas encore parfait, le travail de l’Académie se poursuit et pourrait, mener au but recherché. Cependant, pour les joueurs comme pour le club, le but est encore loin. La formation est un travail dont les résultats sont liés à la patience, mais, arrivés à maturité, le résultat pourra être d’un immense bénéfice. Le rendez-vous est pris pour dans cinq ans !